samedi 27 novembre 2004
Fouilles dans le parc
De mardi à vendredi dernier, nous avons, avec l'aide de 2 jardiniers de
l'agglomération d'Evry, commencé de tenter de retracer tout le
réseau hydraulique qui alimentait les fontaines du parc Grand Bourg.
Nous étions loin de soupçonner la diversité et la complexité des jeux
d'eau de ce parc!
La grande cascade était l'élément le plus visible, même enfoui sous un
voile de ronces et de clématites. Les jardiniers avaient déjà tout
débrouissaillé autour de cette cascade quand nous sommes arrivés.
(l'accord passe au masculin car un ancien élève de l'école, en
recherche de travail, est venu nous aider, nous faibles étudiantes!)
Nous n'avons donc pas eu la surprise de découvrir la cascade par
nous-même, mais le gros du travail était fait et nous avons pu nous
consacrer à des tâches plus minutieuses, comme le déblaiement des
canivaux et des petits bassins successifs. J'ai passé une bonne partie
de la journée de mardi les pieds dans mes bottes, dans le bassin où
l'eau devait autrefois tomber en cascade, cela pour évacuer la vase et
les pierres tombées et pour retrouver le tuyau d'évacuation de l'eau.
Chose faite, nous avons au moins pu retracer le parcours de l'eau dans
cette cascade. Elle arrive par le haut, par un tuyau caché sous des
rocailles, pour sortir en un mince filet serpentant qui imitait un rû
de montagne. Ensuite, elle s'accumule dans plusieurs trous successifs
et déborde de l'un dans l'autre. Par contre, nous n'avons pas vraiment
encore compris comment elle passe pour tomber en cascade.
Au bas du gros rocher, il y a donc ce petit bassin que j'ai un peu
curé, puis l'eau sortait dans un ruisseau maçonné, avec des creux et
des méandres, où elle devait bouillonner pour imiter un vrai ruisseau.
Pour finir, l'eau remplissait un grand bassin entouré de pierres, avec
des nénuphars sans doute.
Tout cela reproduisait une nature sauvage, romantique, exhalait les
sentiments de petitesse de l'homme face au monde et à la Création.
C'est un thème qui était particulier aux jardins et aux expéditions du
19ème siècle.
Sur un côté du parc, nous avions remarqué auparavant un bassin carré,
dépourvu d'ornement. Nous avions pensé à un abreuvoir ou un réservoir
pour le potager. Il s'est avéré que ce n'est qu'une toute petite partie
d'une autre cascade! Mais je dirais que celle-ci est inspirée du modèle
italien de la "cascatelle", succession rapprochée de petits bassins,
avec des soubresauts où l'eau remue et écume.
Hier, les filles et notre "aide" ont dévidé le caniveau de sortie, il
est très profond et il semble qu'un tuyau doive aller vers la grande
cascade en souterrain. Ils ont aussi trouvé une manivelle, il devait y
avoir une pompe pour animer des jets.
Nous avons filmé les découvertes et pris des photos, à voir bientôt!
lundi 22 novembre 2004
Le parc Grand Bourg d'Evry
Voici enfin quelques images de notre présentation du 15 novembre. Elles
vous permettront de comprendre la situation géographique du parc, ses
caractéristiques par rapport à la ville, à l'agglo et à la Seine.
Nos interrogations apparaissent au fur et à mesure, mais pour l'instant
nous n'avons aucun élément de projet. A priori, le travail sur le
terrain nous éclairera et nous apportera des réponses précises sur les
problèmes de l'eau et de l'entretien notament.
Pour commencer, nous avons chacune évoquer l'attrait que le projet rprésente pour nous. Cela nous a permis de capter l'attention des autres étudiants, et les professeurs sont revenus sur cela dans les questions, comme nous le voulions. C'est une technique de communication que Sasha, le prof de communication, justement, nous a enseigné. Débuter sur une note personnelle témoigne de notre investissement et donc de l'intérêt du projet.
Introduction
Stéphanie:
La commande de notre APR concerne un parc ancien, en très mauvais état.
Le côté archéologique dans ce projet m'attire énormément et je suis
impatiente qu'on commence à faire des fouilles sur le terrain.
Sandrine:
Les commanditaires n'ont pas vraiment encore d'idées pour le devenir
sur ce parc. On a donc carte blanche et c'est à nous de faire un
programme. Cela change vraiment des projets qu'on a eu à l'école depuis
3 ans, où l'on avait toujours des contraintes et des demandes bien
précises.
Hélène:
Par
contre, ce qui est dangereux, c'est que c'est un parc tout petit par
rapport à l'ensemble des parcs de la ville. Il faut lui trouver une
fonction qui attire les gens car on ne peut pas simplement proposer une
promenade. Les gens viendraient jusqu'au parc puis repartiraient, ça
serait cela leur promenade.
Localisation d'Evry en région parisienne
En s'approchant, on peut voir qu'Evry constitue une emprise sur la Seine pour toute l'agglomération. Dans cet ensemble, notre parc, le parc de Grand Bourg, se trouve dans un recoin de la ville, attaché à la Seine.
EVRY, pôle principal de l'agglomération Evry-Centre-Essonnes
La topographie, tournée vers la Seine
Evolution de l'urbanisation
Pour l'instant, la première apparition de notre parc date de 1823 sur le cadastre napoléonien. A cette date, Evry est une commune boisée et vallonnée, installée sur un coteau de la Seine ; on y distingue deux seigneuries : Petit-Bourg et Grand Bourg. De grandes propriétés privées se partagent l'emprise sur la Seine.
1823 Avant 1965

Jusqu'en 1965, date de publication du Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme de la Région Parisienne, le SDAURP, qui lance la création des villes nouvelles, Evry reste une commune rurale, agricole. L'urbanisation avait continué de se développer en cordon parallèle à la Seine, suivant les constructions existantes. De nouveaux parcs privés ont fini d'occuper toute l'emprise des bords de Seine.
1971 1972

1971 marque la première étape de la ville nouvelle avec la construction de la préfecture, au centre d'une trame élaborée selon des principes d'urbanisme nouveaux, détachés du contexte.
Malgré tout en 1972, les premiers quartiers de logements se rattachent spatialement aux anciens quartiers d'Evry
1974 à 1986 1978

De 1974 à 1986, ce sont de grands programmes de logements et de commerces qui s'étalent dans la continuité des précédents, dont le célèbre quartier des Pyramides d'Evry. C'est une architecture nouvelle, tout en béton, aux formes surprenantes. De grands parcs publics sont construits en pré-verdissement de futurs quartiers.
En 1978, le premier quartier de logements de centre ville même apparaît.
1979 à 1986 1981 à 1982


De 1979 à 1986, les grands quartiers des Epinettes et de Bois Sauvage s'installent autour des parcs. Puis de 1981 à 1982, le quartier des Aunettes achève d'encercler le parc des Coquibus.
1982 à 1986

En 1982, Evry se dote d'une université, volontairement en centre ville. Le quartier du Canal en 1986 termine l'urbanisation de la ville nouvelle, mais il a depuis été rattaché à Courcouronnes.
En synthèse, la ville nouvelle d'Evry s'est inventée une spatialité contemporaine, s'éloignant de la Seine et de son ancienne urbanisation. Chaque quartier a été conçu de façon individuelle et fonctionne presque en autonomie. La ville cherche à travers l'élaboration de son PLU pour 2006 à retrouver une centralité et des communications entre les quartiers- des liens entre quartiers neufs mais aussi entre jeunes et anciens quartiers.
Jusqu'ici il n'y avait pas vraiment de centre ville, il est en train d'être remodelé.
Tous
ces quartiers et parcs ont été érigés de toutes pièces, ainsi les
habitants sont en demande de patrimoine, un patrimoine d'avant la ville
nouvelle qui permette de poser des bases à cette histoire
contemporaine. C'est seulement la prochaine génération qui pourra
d'identifier à la ville nouvelle, s'approprier son histoire.
D'ailleurs Evry est devenue une commune à part entière en Janvier 2001.
Espaces verts de la ville d'Evry
Au sein de la ville d'Evry, le parc de Grand bourg ne représente qu'une infime partie de tous les espaces verts de la ville. Les grands espaces publics de la ville sont es 4 parcs construits pendant la ville-nouvelle: le parc des Coquibus, les parc Henri Fabre, la coulée verte des bords de Seine et le parc des Loges.Chacun fait entre 15 et 20 ha, donc bien plus que notre parc qui est lui de 7,5 ha.
Les autres espaces verts publics de la ville sont des squares et de petits parcs de quartier, très populaires et presque semi privatisés. La ville a acquis un autre parc privé, le parc des Tourelles, aussi délabré que le parc Grand Bourg. Ces deux parcs sont dans des quartiers anciens, au tissu urbain serré très différent des quartiers de la nouvelle ville. Ils sont dans un environnement privilégié.
Comment répondre à une recherche de patrimoine de la
part des habitants, dans un contexte de patrimoine contemporain peu
reconnu ?
Quelle place peut prendre le parc Grand Bourg dans ce contexte d'espaces verts déjà nombreux et vastes ?
Le bâti, un patrimoine en ruine
La végétation, dernier patrimoine vivant du parc
L'eau, un élément structurel et thématique à redécouvrir
dimanche 21 novembre 2004
Début des fouilles au parc Grand Bourg
Mardi prochain nous allons commencer les fouilles du réseau hydraulique avec l'aide de jardiniers de la ville d'Evry.
Nous voulons d'abord dégager les structures visibles comme la cascade
ou les différentes parties de rocailles et de rigoles à ciel ouvert.
Ensuite, nous espérons trouver un plan ancien qui indiquerait les
réseaux souterrains. Il semble qu'il en existe un puisque le service de
la ville nous a dit que le sol est truffé de canalisations.
Pour l'instant, en ce qui concerne les images de notre présentation, je
vous demande un peu de patience!! il faut que je transforme tout en
JPEG, et c'est un peu long, nous avions tout de même une vingtaine de
diapos avec animation pour certaines.
samedi 13 novembre 2004
Lundi 15 nov: présentation de notre travail en cours
Lundi va marquer la première étape de notre travail de groupe: la
présentation de nos recherches et idées en cours devant les encadrants.
Nous sommes répartis par groupes de 3 ateliers, c'est-à-dire 15
étudiants. Chaque groupe a 30 min pour présenter l'avancement de son
travail puis 15 min pour échanger et poser des questions aux
paysagistes présents.
Nous avons choisi dans notre groupe de faire une présentation sur power
point. J'espère réussir à transformer nos diapos de façon à pouvoir
vous les afficher bientôt.
jeudi 4 novembre 2004
Définition de la commande de l'APR
Voici le texte de commande qui nous a été donné par la communauté
d'agglomération d'Evry pour notre atelier pédagogique, afin de mieux
vous faire comprendre la situation et les problèmes que nous allons
devoir résoudre.
1° description du lieu
"Le parc Grand Bourg, ou parc Bataille, ainsi qu'un bâtiment,
apparaissent sur la carte de la forêt de Sénart et ses environs
dressées en 1708 par Bourgeault et Matis. Mais l'on trouve le château,
à son emplacement actuel, sur les plans de l'Atlas du Duc d'Antin en
1730.
Par contre, le parc à l'anglaise, tel qu'actuellement, se retrouve sur les plans du cadastre napoléonien établi début XIXème.
Le parc du château de Grand Bourg, qui s'inscrit dans le cadre de
l'aménagement des bords de Seine (site inscrit) a un intérêt historique
certain, d'autant plus qu'il se situe dans une ville nouvelle où
l'histoire d'une grande partie des quartiers se résume à une période de
35 ans.
Située en limite nord de la commune d'Evry, cette propriété s'insère
dans un ensemble de demeures er ruelles caractéristiques du XIXème.
Le parc, d'environ 7,5 ha, offre un patrimoine végétal riche, composé
d'arbres remarquables (gingkos, frênes, hêtres, érables...) et d'un âge
respectable, ayant échappé aux tronçonneuses des chantiers et aux
tempêtes successives, mais soumis aujourd'hui aux affres des
champignons.
L'ensemble du tracé paysager d'époque a souffert d'un manque
d'entretien et des éléments ont disparu sous les broussailles, les
ronces...Les bassins, les fontaines, les cascades, les allées ainsi que
que le captage d'éventuelles sources.
2° Partis d'aménagement:
Restituer au parc sa beauté originelle. En effet, compte
tenu de son état, l'aménagement doit s'orienter sur la réhabilitation,
la restauration, dans l'esprit des parcs du XIX ème, tout en en
l'adaptant aux usages de notre époque pour y accueillir du public.
Des techniques de réhabilitation pourront être décrites après des essais expérimentaux.
Il est demandé aux étudiantes de l'ENSP d'étudier ce parti
d'aménagement en y incorporant les éléments nécessaires pour permettre
cette rénovation en utilisant les matériaux laissés en place.
Une mise en valeur des arbres remarquables et la nécessité d'en planter
de nouveaux pour permettre la continuité du paysgae et l'intégration de
la voie ferrée, devront compléter l'approche, ainsi que la
reconstitution de clairières, d'allées et la remise en fonctionnement
des bassins et fontaines.
La fréquentation d parc, des ateliers d'arts plastiques et du château
va entraîner un afflux de véhicules; d'où la nécessité de places de
stationnement. La réflexion devra porter sur les possibilités
d'intégration de ces places, dans un site, sans dénaturer celui-ci.
Ce site est classé dans le cadre des berges de la Seine où se trouve
une liaison douce qui relie le nord de Ris-Orangis à Corbeil.
L'élaboration de la faisabilité de la rénovation du parc doit intégrer
cette liaison et analyser les raccordemnts réciproques entre ces deux
entités.
Les notions d'entretien aisé et de récupération des eaux de
ruissellement par une noue d'infiltration sont des éléments à prévoir."
Suite à une réunion avec les commanditaires et notre encadrant, Michel
Péna, nous avons redéfini les attentes de l'agglo sur ce parc afin de
pouvoir en tirer enjeux et intentions.
3° Attentes des commanditaires
Il nous est demandé de produire un schéma directeur d'aménagement pour
le parc Bataille. La finalité du projet est l'ouverture au public de
celuici, le programme reste à définir.
Le site est un terrain à flanc de coteau qui descend jusqu'à la Seine.
Il se compose d'un château en ruines avec son parc privé, d'une voie
ferrée (RER D), et des berges de Seine.
Le premier problème souligné est la gestion de l'eau dans le parc.
L'humidité excessive du terrain semble être à l'origine d'un champignon
qui détruit petit à petit les arbres par contamination racinaire. L'eau
a une grande importance dans ce site, il existait un réseau de rigoles
et de bassins en rocaille.
Le second problème abordé est la mise en valeur des arbres
remarquables. Un certain nombre a déjà été abattu suite à la tempête de
99 puis du champignon. Des travaux de replantation ont déjà été
effectués.
Une des qualités du site est sa situation topographique. Elle lui donne
une vue remarquable sur la Seine et le coteau opposé, pour laquelle le
parc est inscrit.
La voie de chemin de fer passe au pied du parc, les commanditaires nous
demandent de réfléchir à son intégration dans le paysage. La gare de
RER se trouve à l'entrée nord du parc, elle ne possède pas de parking
et engendre un stationnement sauvage sur la berge de Seine.
Il y a toute une réflexion à mener sur la relation du parc aux berges
de Seine, en se rattachant ou non à la liaison verte depuis le pont de
Draveil jusqu'à Corbeil.
Les commanditaires n'ont pas insisté en revanche sur le parking des ateliers d'arts plastiques évoqué dans la commande initiale.
Du fait de son état, l'agglomération n'a pas trouvé de projet de
réhabilitation pour le château. Selon eux, son avenir n'est pas à
prendre en compte.
Prochain article: enjeux et intentions du projet.
mercredi 3 novembre 2004
L'armillaire dans le parc Grand Bourg
Des recherches sur le champignon armillaire, hôte indésirable du parc
Grand Bourg, nous ont alertées sur les ravages que ce champignon peut
causer aux arbres;
Non seulement l'arbre est détruit en quelques mois, mais de plus, le
champignon se répand par les racines. Il ne faut donc pas laisser le
moindre débris infesté autour de la souche quand l'arbre est coupé, ni
le décharger ailleurs pour qu'ils ne contaminent pa sun autre arbre.
On peut prévenir la contagion en cernant la souche infestée par une
tranchée, en ramenant la terre à l'intérieur du cercle, et en
désinfectant le sol avec des produits chimiques toxiques. C'est cher et
dangereux.
Le bois de l'arbre, devenu spongieux, est difficile à brûler, il faut l'incinérer.
Malheureusement, les recommandations d'usage n'ont pas été suivies dans
notre parc d'études. Certes, le bois n'a pas été sorti du parc, mais
laissé en place au pied de l'arbre abattu. Ainsi les arbres alentour
sont gagnés tout à tout par l'armillaire. Sur certaines souches, le
champignon, présent en grandes plaques brûnatres, dégage une odeur
pestilentielle!! Il moisi en devenant flasque, comme de la bouillie ou
du vomi, vraiment dégoutant...
Les arbres remarquables de ce parc
risquent donc à court terme de disparaître aussi...cela vaut-il la
peine de les conserver? Ne vaudrait-il mieux pas tout raser,
désinfecter, changer la terre?
A nous d'établir un
diagnostique de l'état sanitaire des arbres restant, qui n'ont pas été
abattus par les jardiniers de la ville ou par la tempête. Seulement,
nous ne sommes pas assez compétentes pour repérer le champignon quand
les symptômes ne sont pas encore visibles. Nous espérons pouvoir avec
un de nos professeurs d'écologie faire des fiches qui nous permettront
de déclarer les arbres sains ou non. Prendre en compte:
-la ramure: vieillissante, vigoureuse?
-l'écorce: décollée, pourrie?
-le feuillage: dense, malade?
-le pied: présence de champignon, humidité, sec, intact?
-souche à proximité?
HUmmm!! de l'armillaire pourrie!! qui pue!!
Moi j'attends plutôt le travail de fouilles pour retrouver les
structures du parc comme les rocailles, les bassins, les rigoles...sans
doute que l'on pourra alors faire l'état des canalisations et tenter de
voir comment on peut drainer le terrain pour empêcher le développement
du champignon.
En attendant bon appétit!